Romans Scientifiques

Romans Scientifiques

De la science cachée dans de la littérature, ou l'inverse...

Eric Simon

Romans Scientifiques, comme son nom l'indique, est dédié à cette forme particulière de romans où la science n'est pas fiction, mais bien réelle. Romans Scientifiques est une émanation du blog/podcast Ça Se Passe Là-Haut

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 10

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Edoardo Amaldi avait réussi l'impensable, ramener Ettore Majorana à une vie "normale" d'universitaire.

 Lors d'une visite à celui qui n'était plus vraiment son ami mais à qui il tenait toujours, Amaldi, qui avait trouvé un Ettore plutôt en forme, contrairement aux mois antérieurs, lui avait demandé si il était intéressé pour devenir professeur à l'Université pour donner des cours de haut niveau en physique et pouvoir continuer à travailler dans la recherche à l'Institut. A sa grande surprise, Ettore lui répondit positivement. Il semblait même presque heureux à cette idée. Un concours administratif pour être professeur allait se dérouler au début de 1937, c'était le premier du genre depuis celui qui vit triompher Enrico Fermi dix ans plus tôt. Le problème était qu'il n'y avait que trois postes, et nombreux étaient les anciens membres de la cour de Fermi qui pouvaient candidater. Et la plupart ne pensaient même plus que Majorana pouvait en être.

De retour à l'Institut, Edoardo Amaldi alla tout de suite voir Enrico Fermi qui se trouvait dans son bureau. Fermi faisait partie du jury de sélection des futurs professeurs d'université. Il avait un grand pouvoir sur le processus de sélection des candidats. Lorsque Amaldi lui relata sa conversation avec le génie maudit qui commençait à se faire oublier de ses condisciples, mais certainement pas de Fermi qui avait toujours cru que Majorana était de la trempe d'un Galilée ou d'un Newton, le chef du groupe de Physique théorique arbora un large sourire. Fermi parvenait à peine à contenir sa joie. Il avait besoin d’Ettore.

Suite à de multiples tergiversations avec le ministère et grâce à des personnalités haut placées, Fermi était parvenu à faire créer une chaire de physique à l'Université de Naples par le ministère de l'enseignement supérieur. Cette chaire serait séparée du concours de 1937, pour lequel il avait déjà été décidé de manière officieuse que les trois postes seraient attribués à Wick, Gentile et Amaldi. La nouvelle chaire de Naples serait affectée de manière exceptionnelle à Ettore. 

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 9

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Dix-huit juin, Frédéric se foutait comme de l'an quarante de l'anniversaire de l'appel du général De Gaulle, c'était le jour de sa soutenance de thèse. En fin d'après-midi il serait docteur en physique. Il avait rêvé de ce jour depuis bien longtemps, et maintenant il y était. C'était difficile à croire et pourtant si prégnant. Il était épuisé. Les derniers mois avaient été si éprouvants psychologiquement. Depuis qu'il avait envoyé son tapuscrit, comme les doctorants aimaient à appeler leur mémoire de thèse, il ne s'était pas économisé. Il avait rejoint le groupe de Cristina pour poursuivre la traque à l'erreur expérimentale, avec toujours le secret espoir de ne pas en trouver, mais il n'était resté que quelques semaines au Gran Sasso sur les deux mois.

Depuis ce temps, il n'avait rien eu de nouveau à écrire pour sa présentation powerpoint. Il allait annoncer l'existence d'une anomalie de vitesse des neutrinos, avec une série d'éventuelles conséquences révolutionnaires. Il citerait de manière exhaustive tout ce qu'il avait accumulé dans les annexes de son mémoire, agrémenté des nouvelles vérifications qui avaient été faites depuis deux mois, afin de donner à son annonce le caractère le plus robuste qu'il puisse. Il était prêt. Bien sûr, la soutenance comme prévu se passerait à huis clos. Seuls les membres du jury y assisteraient en signant une clause de confidentialité qui leur empêcherait de divulguer ce qu'ils avaient lu et entendu. Même sa famille proche était exclue de l'amphithéâtre, alors même qu'ils ne comprenaient pas un traître mot de tout ce que pouvait leur expliquer Frédéric lors des repas familiaux.

De façon paradoxale, le huis clos s'appliquait également à l'entourage professionnel proche, qui était pourtant totalement au fait de ce que pouvait dire Frédéric. Cristina en faisait partie. Elle était furieuse de ne pas pouvoir entendre d'elle-même les mots qu'allait employer Fred. Ils avaient déjà fait plusieurs répétitions en petit comité. Mais Cristina n'était pas certaine que Fred s'exprimerait exactement de la même façon. Elle en avait peur. S'il parlait du résultat supraluminique en jubilant, ce ne serait pas la même chose que s'il l'évoquait comme une possibilité parmi d'autres, probablement très incertaine. C'est cela qu'elle désirait qu'il dise, s'il devait en parler. Le mieux selon elle serait qu'il en parle de façon beaucoup moins triomphale que ce qu'il avait écrit dans son manuscrit, voire qu’il se rétracte. De toute façon, le mal était fait, il l'avait écrit. Il ne l'avait pas écoutée.

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 8

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Eté 1936. La canicule écrasait le Colisée. Ettore Majorana vivait reclus dans son petit appartement de la via Ruinaglia. Il n'avait pas remis les pieds à l'institut de Physique depuis plus de deux ans maintenant. Les garçons de la via Panisperna, la cour du Pape Fermi, n'étaient plus nombreux à lui rendre visite. Seuls Edoardo Amaldi, Giovanni Gentile et Emilio Segré passaient parfois lui rendre visite pour s'enquérir de sa santé. Ettore avait ressorti ses écrits de physique comme par un sursaut d'orgueil mais se gardait bien de l'annoncer à ceux qu'il considérait comme ses anciens collègues.

L'année précédente, Ettore avait perdu toute envie, il avait passé de longs mois à ne rien faire hormis lire des romans et des essais de philosophie, tout sauf de la physique. Il ne sortait alors presque jamais de son appartement où il maintenait une obscurité en gardant ses persiennes entrouvertes pour laisser passer juste un mince rai de lumière permettant tout juste de lire. Il en était même arrivé à ne plus faire aucune attention à son aspect. Il s'alimentait très peu et s'était laissé aller.

Chaque visite de ses quelques amis ou de son frère se soldait indifféremment d'un sentiment de détresse face au spectacle que laissait entrevoir Ettore. Sa maigreur était devenue effrayante. Il arborait une longue barbe non entretenue et des cheveux bien trop longs qui lui tombaient sur le visage qu'on devinait à peine. Lorsqu'il daignait ouvrir la bouche, ses paroles étaient presque inaudibles pour son interlocuteur.

Ettore avait peur, il était terrifié à l'idée de perdre tout ce qu'il avait créé, cette beauté théorique, sa compréhension du monde. Il savait qu'on voulait lui voler, qu'on voulait l'anéantir. Il devait se protéger. Ettore avait passé de longues heures à se plonger dans des romans comme une échappatoire, il connaissait tout Pirandello, chacune de ses phrases résonnait en lui. Il passait aussi beaucoup de temps auprès de son échiquier à étudier les meilleures combinaisons. Il jouait contre lui-même et était toujours heureux de parvenir au mat, quel que soit le gagnant.

C'est en juillet qu'Ettore
avait décidé de retourner dans le monde réel, dans le monde physique. La
lecture de Nietzsche l'avait définitivement convaincu. Il devait accomplir sa
tâche.

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 7

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La pluie tombait sans discontinuer depuis plusieurs jours sur le campus, un ciel bâché, d'un gris francilien classique. La moitié des membres du groupe SYMPHONIE travaillaient au labo à Orsay, l'autre moitié était sur place avec le renfort de cinq permanents du Centre National d’Études Spatiales, ceux-là même qui avaient installé les systèmes de synchronisation GPS. Ils avaient fait spécialement le déplacement depuis Toulouse jusqu'à L'Aquila.

Frédéric restait à Orsay pour compiler chaque jour tous les résultats de vérification qui étaient faits, de celui de moindre importance a priori à celui semblant le plus sensible. Cristina avait préféré se rendre sur place pour mieux réfléchir "avec les mains" comme elle disait. C'est là qu'elle se sentait le plus utile. Fred et Cristina s'envoyaient des mails en continu, tous ne contenaient pas que des informations scientifiques.

Cristina savait que Fred cherchait à tout prix à se démarquer des autres jeunes chercheurs doctorants de sa promotion, y compris en s'octroyant la paternité d'un résultat rocambolesque, la preuve d'une nouvelle physique, la découverte de particules dépassant tous les tabous de vitesse, même si cela pouvait s'avérer faux à terme. Frédéric ne craignait pas l'opprobre en cas d'erreur expérimentale qu'il n'aurait pas vue, il était ambitieux, quitte à devoir quitter la scène prématurément. Cristina était la rigueur scientifique incarnée. Elle, ne comprenait pas comment on pouvait jouer comme ça avec les faits. Fred lui disait que chaque jour qui passait était un point de gagné pour lui dans la course au prix Nobel, il le disait presque sérieusement. Elle, lui répondait que s'il écrivait qu'il avait découvert des neutrinos supraluminiques, à quoi elle ne croyait absolument pas, et qu'on découvrait un peu plus tard l'origine des soixante nanosecondes, il serait la risée de toute la communauté et ne pourrait plus jamais être chercheur en physique des particules.

Presque chaque soir, ils se
parlaient via skype et bien souvent
leurs discussions se focalisaient sur les neutrinos, chacun évoquant de
nouveaux arguments pour ou contre des neutrinos plus rapides que la lumière. 

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 6

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Il faisait encore chaud ce soir de fin octobre lorsque le train s'immobilisa dans la gare centrale romaine. Le jeune homme ténébreux qui patientait depuis cinq minutes derrière la porte vitrée du wagon put enfin descendre sans un regard autour de lui. Fermi le suivait, suivi de Emilio Segré. Les trois scientifiques se séparèrent sur le parvis de la gare, se saluèrent et se donnèrent rendez-vous le lundi suivant à l'Institut.

Ettore se dirigeait à pieds vers son petit appartement qui se trouvait via Ruinaglia, à mi-chemin de la gare Termini et de l'Institut de Physique. Il était plongé dans des pensées sombres. Il repensait à cet homme qui le suivait. Puis l'instant d'après il pensait à ce qu'il avait appris à Leipzig et comment cela avait été accueilli par la communauté des physiciens au congrès Solvay. La théorie que Paul Dirac avait publiée il y a cinq ans était maintenant portée aux nues. L'homme à la casquette avait une vague ressemblance avec Dirac.

 Il portait une lourde valise, marchant lentement sur la Via Cavour, cette longue avenue qui lui permettait de voir facilement si quelqu'un restait derrière lui en se retournant à intervalles réguliers mais tout de même aléatoires pour surprendre cet éventuel poursuivant.

Ettore savait que ce n'était pas la bonne théorie pour expliquer les particules d'énergie négative. Et il l'avait trouvée à Leipzig, la bonne théorie, elle était beaucoup plus élégante que celle de l'anglais. C'était juste après que la nouvelle de la découverte de l'électron positif s'était répandue au département de physique de l'Université de Leipzig. Ça ne lui avait même pas pris beaucoup de temps finalement. Entre le jour où Heisenberg lui avait montré l'article de Anderson et la fin de sa démonstration qu'il avait laissée à l'état de brouillon sur un grand cahier, il avait dû se passer à peine cinq ou six semaines, peut-être moins. Ettore se retournait de temps en temps pour voir si jamais quelqu'un le suivait. Il y avait peu de monde dans les rues à cette heure. (...)

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 5

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Il faudrait bien annoncer un jour la valeur mesurée à Luigi Scuola. Luigi était un de ces professeurs émérites qui forçaient le respect. Il aurait bientôt soixante-quinze ans, qui était pour lui l'âge ultime au-delà duquel il ne pourrait plus exercer de fonction officielle, la loi italienne était ainsi faite. Elle fixait la limite d'âge à dix ans après la date légale de départ à la retraite. De nombreux chercheurs obtenaient aisément le grade de professeur émérite dans le seul but de poursuivre leur travail passionnant. Certains profitaient de cette facilité pour éviter de se retrouver brutalement du jour au lendemain à la maison, en tête à tête avec la mamma.

 Luigi avait rejoint l'INFN, l'institut italien de physique nucléaire, alors que l'aura de Enrico Fermi était encore vive, même plus de vingt ans après son exil aux Etats-Unis. C'était en 1961, cinq ans après la découverte expérimentale de l'existence des neutrinos par les américains Reines et Cowan. C'était une époque bénie où partout en Europe la physique nucléaire vivait un véritable boom. Les étudiants en physique étaient recrutés à tour de bras dans les grands organismes de recherche ou les universités. Luigi avait fait partie de ceux-là et s'était lancé tout de suite dans ce domaine tout nouveau qu'était la physique des neutrinos. Il ne l'avait pas quitté depuis, cinquante ans dévolus aux particules fantômes, neutrinos et antineutrinos, des trois saveurs connues.

Luigi était ce qu'on appelait un ponte. Il faisait partie des plus grands experts mondiaux des neutrinos. Il avait trempé dans les expériences les plus impressionnantes dédiées à la détection des neutrinos, qu'ils soient d'origine atmosphérique, solaire ou astrophysique.

Daniel, qui ne s'était intéressé aux neutrinos que sur le tard, se sentait tout petit quand il parlait avec Luigi, comme un enfant devant son maître d'école, malgré sa cinquantaine bien tassée. Il n'osait pas lui annoncer qu'il mesurait des neutrinos qui allaient plus vite que la lumière sans avoir encore trouvé l'origine du défaut de mesure depuis maintenant des semaines... Le jour tant redouté arriva fin mars quand Daniel reçu un coup de téléphone, le numéro qui s'afficha sur l'écran était celui de Luigi. Daniel laissa sonner trois fois en réfléchissant vite à la façon d'amener la chose puis décrocha.(...)

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 4

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En octobre, Ettore devait se rendre en compagnie de Heisenberg à un congrès de physique à Bruxelles, c'était la septième conférence du genre. Les grands noms de la physique quantique devaient y participer. C'était une occasion de revoir le pape Enrico Fermi, comme il l'appelait. Paul Dirac et Albert Einstein y étaient attendus, ainsi que le danois Niels Bohr.

Ils avaient prévus de s'y rendre juste après leur séjour de six semaines à Copenhague.

Depuis la capitale danoise, Heisenberg, Rosenfeld et lui prirent le train en direction de la Hollande sous une pluie battante. Ettore se réjouissait de retrouver son maître Fermi ainsi que de rencontrer pour la première fois le père de la grande théorie de la Relativité Générale. Il était en revanche dépité de devoir rencontrer Paul Dirac, et craignait surtout d'entendre beaucoup parler de sa fumeuse théorie de l'électrodynamique et ses énergies négatives...

Le thème de ce septième
congrès de la fondation Solvay était la structure et les propriétés des noyaux
atomiques. Nul doute que se déroulant non loin de Paris et présidé cette année
encore par Paul Langevin, le couple Joliot serait là, une occasion peut-être
pour Ettore de leur reparler de la découverte qu'ils avaient ratée au profit
d'un autre anglais

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Soixante Nanosecondes, Chapitre 3

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Il avait fallu presque une année entière pour finaliser la conception de la manip une fois que cette dernière avait été acceptée par le consortium SYMPHONIE. A l'automne 2009, le temps semblait passer trop vite pour Frédéric Fournier qui entamait sa deuxième et avant dernière année de thèse. Il commençait sérieusement à se dire qu'il ne verrait peut-être pas la mesure en elle-même mais juste sa mise au point et les tests associés.

L'équipe d'Orsay s'étoffa par l'arrivée d'une jeune chercheuse en post doctorat, une sympathique brune italienne longiligne à la voix plus rauque que suave. Cristina Voldoni venait de soutenir sa thèse à l'Université de Milan sur la recherche d'une désintégration béta extrêmement rare, dans le but de démontrer la nature potentiellement très particulière des neutrinos : qu'ils seraient leur propre antiparticule. Sa manip s'appelait GERMA, un nom facilement trouvé pour une expérience qui utilisait de gros détecteurs en germanium. Elle était également installée au laboratoire souterrain du Gran Sasso. Cristina  avait le gros avantage de bien connaître à la fois la physique des neutrinos et le labo souterrain, en plus de connaître la langue de Pirandello. Daniel était fier de sa recrue. (...)

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Soixante Nanosecondes, chapitres 1 et 2

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Il ne cliqua pas sur envoyer. Daniel n’arrivait pas à se décider à annoncer à Luigi la mauvaise nouvelle. Le résultat de la mesure était si absurde, il voulait encore chercher. Ils ne faisaient que ça depuis plus d’un mois.

La première mesure de la vitesse de neutrinos sur une longue distance venait d'être effectuée et son résultat était aberrant. Ils avaient été détectés avec soixante nanosecondes d'avance sur ce qu'on pouvait logiquement attendre. Il devait y avoir un problème dans le processus de la manip. Il faut dire que cette mesure de vitesse relevait de l'usine à gaz. La collaboration scientifique SYMPHONIE qui étudiait les oscillations de ces particules élémentaires qu'on appelait des neutrinos, avait décidé, à la courte majorité de ces membres, d'ajouter une mesure de vitesse à ses actions expérimentales, même si cette donnée en soi n'apportait rien pour la problématique de l'oscillométrie des neutrinos.

Cela faisait cinq ans que Luigi Scuola était devenu le porte-parole puis le directeur scientifique de la collaboration internationale qui regroupait plusieurs dizaines de physiciens et physiciennes de neuf pays européens. Il avait besoin de publier un résultat sur cette mesure de vitesse avant que l'expérience américaine concurrente ne le fasse. Question de prestige. (...)